Introduction

par Yves-Marie Laulan

Le coût de l'immigration devient aujourd'hui une question lancinante, comme celui des retraites, de la santé, de l'éducation, de la défense etc. etc. En fait, il n'en serait ainsi si la France n'avait pas vécu une folle période de prodigalité où les pouvoirs publics ont cru pouvoir dépenser sans compter, comme en témoigne aujourd'hui un endettement monstrueux qu'il va bien falloir commencer à rembourser demain ... dans la douleur.

Déjà, il y a presque 7 ans, nous avions organisé un premier colloque sur ce thème, le premier du genre à ma connaissance, en dépit de quelques travaux antérieur, ou de votre serviteur par exemple, publiés dans Valeurs Actuelles, du temps de Raymond Bourgine, voici 40 ans, excusez-moi du peu.

Mais depuis lors, nous avons assisté, médusés, à l'apparition d'une multitude de publications qui ont poussé comme champignons après la pluie, sous la plume de chercheurs plus ou moins qualifiés et inspirés, travaillant avec des sources différentes et des méthodes variées et aboutissant à des résultats multiples, une véritable cacophonie ? On ne s'y reconnait plus.

Il devenait urgent d'y voir clair et de reprendre ces recherches, puisque le gouvernement, telle une vierge aisément effarouchée, se refuse obstinément à publier la moindre donnée sur ce dossier. Sans doute cette question est-elle jugée trop sensible pour être portée à la connaissance des Français, qu'il faut protéger et tenir éloignés de l'Arbre de la Connaissance, comme nos grands ancêtres, Adam et Eve dans la Génèse. Car sensible, ce sujet l'est au plus haut point, pour au moins deux raisons différentes.

La première est que depuis 5 ans, en fait 10 ans, l'immigration se poursuite imperturbablement à un rythme pratiquement identique et même croissant, en dépit des promesses formelles tenues en période pré électorale comme en 2005.Or un fardeau déjà insupportable à un certain niveau devient carrément inacceptable à un niveau plus élevé. « C'est dans la dose qu'est le poison » écrivait déjà Paracelse.

Mais, par ailleurs, les temps ont changé. A l'époque de notre premier colloque, la France, toujours généreuse, connaissant une prospérité relative certes, mais bien réelle. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Nous en sommes à une, puis deux crises financières, et même trois, et menacés par l'effondrement de l'euro. Aiguillonné par les agences de notation, voilà le gouvernement contraint enfin de réduire les dépenses, c.a.d. le déficit public, 85 milliards d'euros l'an dernier, en rabotant à qui mieux mieux les niches fiscales, Pourquoi ne pas raboter aussi la niche immigration ?

Car dans le contexte que je viens de décrire se pose évidemment le problème du financement d'une immigration largement à caractère humanitaire, droit-de-l-hommiste si je puis dire, et même idéologique, immigration forcément coûteuse, non seulement pour les finances publiques, mais en fait, pour l'ensemble de l'économie, secteur privé compris, puisque composée essentiellement d'inactifs et d'assistés sociaux. D'ailleurs, devant une économie en quasi stagnation et un chômage dépassant 10 %, on peut vraiment se demander s'il est justifié de faire venir en France une main d'oeuvre supplémentaire, même qualifiée.

Une nouvelle réflexion sur les coûts s'imposait donc, d'une part pour affiner notre analyse et peut-être aussi pour la compléter, pour prendre en compte des types de dépenses que nous avions laissés en dehors de nos recherches voici 7 ans. Tel est l'objet du colloque d'aujourd'hui.